À la veille du centenaire de la Grande Guerre 1914 – 1918

Memorial Day

« Pour ne jamais oublier »
Le Mémorial de l’Escadrille LA FAYETTE.

Par Philippe Martial, Directeur Honoraire du Sénat

Si nombre de Français, suivant La Fayette prirent une part historique éminente dans la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis, en retour les Américains n’ont pas manqué de répondre à ce généreux soutien, en s’engageant aux côtés de l’armée française et en contribuant de façon décisive à la victoire de 1918.
Les témoignages abondent sur leur courage : citons les termes de notre amie Nicole Wilk-Brocard, sur « cette glorieuse aventure, symbole de l’amitié franco-américaine ». Elle insiste sur « le formidable élan de solidarité qui soulevait ces jeunes aviateurs américains venus combattre sur le sol de France, regroupes au sein de ce qui deviendra « l’Escadrille La Fayette ». Nicole sait de quoi elle parle, son père, le Général Brocard, la commandait, et a demandé à reposer auprès de ses compagnons d’armes.
L’héroïsme de ces aviateurs marqua tellement les esprits que l’idée s’imposa de perpétuer la mémoire exemplaire de leurs hauts faits, en leur dédiant un monument commémoratif.

Un ancien pilote, Edgar Guerard Hamilton fédéra les initiatives et sous son impulsion fut institué, en mars 1923, le « Mémorial de l’Escadrille La Fayette ». Ayant recueilli 1.600.000 francs de l’époque, le Comité exécutif de l’association confia la réalisation du projet à un Architecte en Chef des Monuments Historiques, Alexandre de Marcel, au talent de qui les rois belges Léopold II et Albert Ier, entre autres, firent appel.
Edifié entre 1926 et 1928, aux abords de Marnes-la- Coquette, dans le domaine de Saint-Cloud, le Mémorial a été classé Monument Historique.

L’homme de l’art prit le parti de choisir le style  » Art Déco « , en associant la tradition de la pierre, employée en parement, et la modernité du béton armé, utilisé en structure. Le Mémorial se compose d’un arc de triomphe central, dont la forme rappelle celle de l’Arc de Triomphe de l’Etoile, encadre par deux portiques couverts, terminés chacun par un pavillon latéral.
Sous cette arche figure en mosaïque l’emblème de l’Escadrille, une superbe tête de Sioux. Sur les parois latérales sont gravés les noms de ses soixante-huit pilotes, ainsi que celui des villes et des régions où ils ont combattu.
De chaque côté, un escalier conduit à la crypte, elle unit deux chapelles, qui abritent le sarcophage des 49 aviateurs tombés au combat. Les treize vitraux qui éclairent ce sanctuaire rappellent les principales batailles auxquelles ont participé ces héros.
La crypte s’ouvre sur ces versets de la Bible (II. Samuel.1.23)

« Ils n’ont pas été sépares dans leur mort,
Ils étaient plus légers que des aigles,
Plus forts que les lions »

Ce monument grandiose a subi, hélas les injures du temps. Pierre Antoine Gatier, Architecte en Chef des Monuments Historiques, RMH Fellow 1991, est en charge de la restauration du monument. Il a prit le parti de restituer au Mémorial l’intégralité de son aspect initial. Première étape mettre le monument hors d’eau. La crypte a souffert de graves désordres provoques par un sous sol marécageux. Deuxième étape, traiter les bétons armés fortement corrodés, puis rétablir le décor de pierre agrafée, ainsi que le dallage en damier de marbre.
Beaucoup reste encore à faire. Souhaitons qu’à l’ avenir, un mécénat prive vienne épauler les travaux déjà exécutes.

Chaque année, le jour du « Mémorial Day », en présence de l’Ambassadeur des Etats-Unis, l’Escadron de chasse « 2/4 La Fayette », survole cette émouvante cérémonie, présidée par M. Van Kirk Reeves, Président de la « Fondation Mémorial de l’Escadrille La Fayette ». Elle réunit les Chefs de l’Armée de l’Air, tant française qu’américaine, de nombreuses personnalités civiles et religieuses.

La France n’est pas seule à sauvegarder le souvenir des soldats américains morts pour elle. Récemment, animée par le même esprit, une fondation privée a réunit les fonds qui ont permis de perpétuer la mémoire de ces héros de la Grande Guerre. A Washington DC, la WWWI Fondation a restaure le Mémorial édifié en 1931, qui rappelle « la puissance de la Justice et du Droit. »
On remerciera particulièrement la Vice-Présidente de la Fondation, Edith Elizabeth Brewster, pour ses notes sur la restauration du monument. Le célèbre architecte, Calvin C. Wyeth dessina un dôme classique porté par des colonnes doriques en marbre, inspire par le temple antique de Vesta à Tivoli et du « tempietto » Renaissance de Bramante.
Le triomphe de la démocratie dans la liberté a eu un prix : le sacrifice de milliers d’hommes.

« Ne l’oublions jamais ! »

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