Mies van der Rohe : un repère architectural à Barcelone

© Galerie nationale de Berlin, 1968

Par Jacqueline Mainguy

C’est à l’Exposition internationale de 1929 à Barcelone que l’architecte Ludwig Mies van der Rohe a exprimé son talent avant-gardiste des années 20. Le Pavillon allemand est situé dans un coin boisé de la colline du Parc Montjuic. Mies van der Rohe ne souhaitait pas être trop près de l’ensemble des autres multiples exposants nationaux. Il présente l’Allemagne,  y accueillit le roi d’Espagne Alphonse XIII et les officiels allemands. Mies van der Rohe projette dans ce bâtiment tout ce que l’architecture représentait pour lui, soit les bases de sa philosophie : symétrie parfaite, espace, clarté, simplicité et minimalisme.

Le pavillon qui repose sur un long socle, a permis à l’architecte d’expérimenter deux  principes : le plan libre, dont les rares murs ne sont plus porteurs mais deviennent des parois légères ; et la fluidité, avec la ligne horizontale du toit plat qui apporte un début de modernisme, en s’appuyant en rythme à la ligne d’un bassin.

Les espaces intérieurs s’interpénètrent de l’intérieur à l’extérieur, dans une composition dynamique, symétrique mais en même temps déséquilibrée. Son goût pour les constructions de l’antiquité tant grecques que romaines, a influencé le choix des matériaux. Ils sont luxueux, des marbres exotiques, verts ou dorés, comme l’onyx de l’Atlas ou le travertin ont contribué à donner cet aspect moderniste inattendu. Les façades en verre des murs intérieurs presque transparents, de fines colonnes porteuses en acier, donnent à ce grand ensemble une remarquable légèreté.

Images fournies par l’auteur

Né pour être temporaire, le bâtiment fut détruit après l’exposition en 1930. Mais enfin en 1986, il fut décidé de le reconstruire à l’identique aux plans d’origine. Son importance pour le design contemporain et l’architecture moderne ont ainsi prévalus.

Le pavillon après sa réhabilitation est devenu une fondation ouverte au public, dont la vocation est de sensibiliser à l’architecture et d’organiser, entre autre, avec la Commission Européenne l’un des grands prix d’architecture le EUMiesAward.

Ludwig Mies van der Rohe qui émigra définitivement à Chicago au moment du nazisme, a toute sa carrière poursuivi et influencé l’architecture moderne. Ses travaux posent les bases de la construction de grands bâtiments aux façades de verre comme les gratte-ciel. Des lignes pures et rectilignes, des matériaux nobles, l’acier, le béton le verre, le bois, pour une forme claire et simple.

Sa maxime, « less is more ». Telle devrait être la définition de l’œuvre de l’architecte allemand né à Aix-la-Chapelle à la fin du XIXe siècle, et qui décèdera aux États-Unis en 1969.

Jacqueline Mainguy

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