Patrimoine national & mondial : de l’objet au territoire

Alain MarinosPar Alain Marinos, Architecte et Urbaniste, Conservateur Général du Patrimoine

Une première version de cet article a été publié en Français dans le n°74 d’avril 2014 des « Annales des Mines – Responsabilité et environnement ».

Que constate-t-on aujourd’hui ? Plus notre société avance dans la globalité, plus la tradition et le patrimoine suscitent d’intérêt. Les succès s’obtiennent à différents niveaux : attachement à la qualité de l’environnement bâti, croissance du tourisme culturel … jusqu’aux diverses formes de manifestations identitaires. L’étendue de ces succès nourris par un intérêt de plus en plus fort des populations, conduit progressivement à regarder au-delà des objets pour considérer la valeur patrimoniale des territoires.

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Ronchamp, 47° 42 03 Nord 6° 38 02 Est

Par Laurent Duport, RMHF 2014

Ce projet de Le Corbusier m’est familier depuis qu’en 1987 j’ai participé, grâce à Danièle Pauly au montage de deux expositions célébrant le centenaire de la naissance de Le Corbusier, l’une à Marseille au Musée de la vieille Charité (Le Corbusier et la Méditerranée), l’autre à Paris au Centre Georges Pompidou (L’aventure Le Corbusier).

Depuis près de treize années maintenant je me suis rendu à Ronchamp à trois reprises, et à chaque visite dans des situations différentes.

Lors de la première, en juin 2000, j’ai eu la chance d’accompagner Kenneth Frampton, Ware professeur à la Graduate School of Architecture de Columbia University dans le cadre du Summer Program qu’il dirigeait intitulé « Le Corbusier revisited ». Prof. Frampton revenait là pour la deuxième fois, la première pour lui était en 1955, autour de l’inauguration. J’ai, lors de cette journée, écouté avec grand intérêt ses commentaires en particulier sur le sens du lieu, sur le monticule côté est de la chapelle, la pyramide de la Paix, un mémorial en l’honneur des soldats morts pour la libération de Ronchamp en 1944, sur le paysage, ainsi que sur la plastique de cette architecture qu’il décrit avec précision dans son ouvrage « Le Corbusier, architecte du XX e siècle » au chapitre 10 L’Art sacré : la métastase de l’esprit.. Il était ainsi question d’échanger sur la nature même du processus de conception avec les explications sur la nature de la composition, sur la forme, sur la structure.

La deuxième visite, six ans après, fut avec mes étudiants de deuxième année de l’école nationale supérieure d’architecture de Montpellier. Fort de la visite précédente il s’agissait là de transmettre à mon tour un point de vue enrichi de la lecture d’articles et de commentaires jusqu’alors sur la nouvelle chapelle Notre Dame du Haut imaginée par Le Corbusier dès le printemps 1950, initiée par un petit nombre de personnes, (Maurice Jardot, François Mathey et Lucien Ledeur) et inaugurée le 25 Juin 1955. Cela fut là l’opportunité de partager la vision de la chapelle, de ses matériaux, de ses volumes, mais aussi le campanile réalisé par Jean Prouvé en 1975.

La troisième visite, la plus récente mais aussi la plus personnelle, eut lieu du 8 au 10 septembre 2011 avec mes parents, à l’invitation de Dominique Claudius Petit afin d’assister à l’inauguration de la porterie et un monastère pour les sœurs Clarisse réalisés par Renzo Piano, son équipe et le paysagiste Michel Corajoud.
Sans revenir sur les polémiques liées à ce projet il s’agit ici de témoigner d’un moment fort autour de ces lieux et de l’atmosphère qui s’en dégageait.
Sur deux jours, une série de manifestations furent ponctuées de visites de l’ensemble des bâtiments du site, intégrant la chapelle de Le Corbusier avec un retour à sa vocation cultuelle d’origine ponctuée de moments de célébrations à l’intérieur comme à l’extérieur, sur ses abords immédiats et au-delà.

En janvier 2014, un vitrail d’origine de la chapelle, le vitrail de la lune est détruit lors d’une effraction.
Parmi tous les vitraux peints par Le Corbusier, il était le seul à être signé. Au-delà de la stupidité du geste cette actualité récente pose la question de l’ignorance de la valeur patrimoniale de l’édifice et de ce dont il est constitué. Il n’est pas certain que la sécurisation du site (jusque-là préservé, à l’exception d’un récent portail critiqué à juste titre par l’historien William Curtis) ) par des clôtures (!) ou des caméras (!!) soit de nature à éviter d’éventuelles futures dégradations.

Faisons le pari que l’année 2015, année des 60 ans de la construction de la chapelle, soit l’occasion, autour du 25 juin, de se rendre à Ronchamp pour fédérer autour de cette architecture exemplaire des pèlerins, des amateurs d’architecture jeunes et moins jeunes ou encore de simples touristes afin de célébrer ce que Le Corbusier nommait « l’espace indicible ».

Journées inaugurales de la porterie de Notre-Dame-du-Haut et le monastère Sainte-Claire, Romchamp.

Exposition de Renza Piano à Ronchamp : De l’esquisse au chantier.

La remise du 25ème Prix Richard Morris Hunt, les 6 et 7 décembre 2013.

Le 6 décembre dernier, le jury franco-américain du RMHF, réuni à l’Hôtel de Talleyrand à Paris, a décerné, selon sa règle d’alternance, le Prix Richard Morris Hunt Fellowship à un architecte français, specialiste du patrimoine, Laurent Duport, qui devient ainsi le 25ème RMH Fellow et a nommé également une Scholar, Axelle Macardier, qui devient la deuxième Scholar de RMHF.
Puis, le samedi 7 décembre, une cérémonie eut lieu à l’Ecole des Beaux-Arts en hommage à Richard Morris Hunt et aux architectes américains diplômés comme lui de cette prestigieuse école.

Rencontre avec une chapelle inspirée

01- Chapelle de la communauté de La Vierge Fidèle

Par Florence Jeanjean

L’on m’avait parlé d’un lieu de paix, de beauté, je l’ai trouvé en « la Chapelle Lalique » Sous les cieux irisés de cette région, la si bien nommée « Côte de Nacre », en ce coin retiré de Normandie à Douvres la Délivrance, si proche des plages du débarquement. L’on s’interroge, comment ce lieu de recueillement, voisin immédiat d’un radar stratégique allemand fut il épargné par les bombes ! Lire la suite

Lalique, émotion & technique

Autel

Autel

Par Dominique Laprie-Sentenac, AB,
Chef de Poste, STAP Calvados.

L’œuvre de René Lalique à la chapelle de la Vierge Fidèle de Douvres-la-Délivrande est exceptionnelle.
Comment la décrire ?

De manière triviale, ce sont des parois composées de pavés de verre incolore moulé qui forment tout à la fois vitraux, tabernacle et retable, table de communion qui ornent le chœur de la chapelle.
D’une manière plus sensible, c’est un miracle.
Pour le découvrir, laissez-vous guider par Sœur de Reviers, la Mère Supérieure, qui vous ouvrira les portes du couvent pour accéder à ce chef-d’œuvre, baignant dans une ambiance lumineuse unique.
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